L’arthrite
Le mot arthrite désigne toute
inflammation d’une ou plusieurs articulations de l’organisme. Cette inflammation peut être
aiguë, c’est-à-dire d’apparition brutale et d’évolution rapide, ou au contraire
chronique, c’est-à-dire qui perdure dans le temps.
Les symptômes de l’arthrite sont la
rougeur, la
raideur, la
douleur et le
gonflement de l’articulation.
L’inflammation peut, par exemple, apparaître à la suite d’une
infection (arthrite infectieuse), d’une
maladie auto-immune (polyarthrite rhumatoïde), d’un
choc (tendinite) ou par
usure naturelle (l’arthrose).
Le terme d’arthrite regroupe en effet plus d’
une centaine d’affections différentes, pouvant survenir à tous les âges de la vie, et dont la plupart sont chroniques et certaines dégénératives, c’est-à-dire qu’elles dégradent les articulations touchées.
Quelle est la différence avec les rhumatismes ?
Le terme de rhumatisme est utilisé pour définir, d’une manière assez large,
différentes affections osseuses, articulaires ou péri-articulaires (c’est-à-dire autour de l’articulation).
Les rhumatismes regroupent donc des affections qui touchent tout l’appareil locomoteur, et pas uniquement les articulations.
Il est vrai que dans le langage courant, on emploie souvent ce terme pour désigner l’arthrose, qui est la maladie rhumatismale la plus fréquente et qui résulte de la dégénérescence du cartilage articulaire, due principalement au vieillissement.
Qu’est ce qu’un Rhumatisme Inflammatoire Chronique ? (RIC)
Ce terme regroupe des maladies très diverses ayant pour caractère commun une
inflammation chronique des articulations entraînant leur
altération progressive et irréversible. Parmi celles-ci on peut citer la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, les spondylarthropathies ou la maladie de Still.
En Europe,
3 millions d’adultes et 50 000 enfants seraient atteints de Rhumatisme Inflammatoire Chronique.
Beaucoup de ces maladies présentent un caractère
auto-immun, c’est-à-dire une réaction exagérée du système immunitaire du patient contre ses propres constituants.
On retrouve très souvent des
auto-anticorps dans le sang des patients, bien que ceux-ci ne soient pas toujours à l’origine du déclenchement de la maladie.
Ces maladies sont
chroniques, c’est-à-dire qu’elles
évoluent dans le temps. Si aujourd’hui on les traite de mieux en mieux, évitant ainsi le handicap à moyen ou long terme,
on ne sait pas encore les guérir.
Polyarthrite Rhumatoïde
Fréquence :
C’est le
plus fréquent des RIC et la
plus fréquente des maladies auto-immune.
Avec environ
300 à 600 000 personnes atteintes en France et environ 2 millions en Europe; cette maladie touche environ 3 femmes pour 1 homme. Elle se déclare généralement
autour de la quarantaine.
Origine :
Il existe une
prédisposition génétique à cette maladie (antigène HLA DR1 et HLA DR4), bien qu’elle ne soit
pas (ou peu) héréditaire. Des
facteurs environnementaux, mal connus aujourd’hui, sont majoritairement responsables du déclenchement de cette maladie.
Définition :
La polyarthrite rhumatoïde touche généralement les articulations des membres et se caractérise par une
inflammation de la membrane synoviale de l’articulation (la membrane qui entoure et protège l’articulation).
Ces mécanismes inflammatoires font intervenir de nombreuses substances dont certains
anticorps très caractéristiques de la maladie et certaines enzymes qui dégradent l’os et le cartilage.
Evolution :
La polyarthrite est une maladie chronique qui évolue par
poussées successives ; à chaque poussée, et en l’absence d’un traitement efficace,
les articulations sont enflammées et risquent de se détruire un peu plus.
Il existe une grande disparité dans la sévérité de cette maladie :
certaines formes sont très évolutives et destructrices, d’autres le sont beaucoup moins.
Dans beaucoup de cas cependant, la maladie est
douloureuse et peut
parfois conduire au handicap, cela ayant de
lourdes conséquences sur la vie familiale, sociale et professionnelle.
Pour en savoir plus, téléchargez le fichier :
Visitez le site de l'Association Française des Polyarthritiques (AFP) :
Spondylarthrite Ankylosante
Fréquence :
c’est le
second RIC le plus fréquent. Environ 300 000 personnes sont atteintes en France et 1,5 millions en Europe. Cette maladie atteint une population jeune,
entre 18 et 30 ans, et préférentiellement les
hommes.
Origine :
Comme pour la polyarthrite rhumatoïde, on retrouve une
prédisposition génétique (l’antigène HLA B27) mais qui n’est pas suffisante pour déclencher la maladie. Des
facteurs environnementaux entrent également en jeu dans son développement.
Définition :
La spondylarthrite ankylosante se caractérise par un
enraidissement des articulations de la colonne vertébrale et du bassin.
Les mécanismes inflammatoires qui touchent les articulations sont mal connus, mais comme dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, font intervenir certains types d’anticorps particuliers.
Evolution :
La spondylarthrite ankylosante est une maladie qui évolue par
poussées successives sur une période de 10 à 20 ans. L’
évolution est extrêmement variable d’un individu à l’autre et les symptômes peuvent varier d’une légère raideur de l’articulation sacro-iliaque (qui lie le rachis au bassin) à la soudure de la colonne vertébrale en un seul bloc.
Les
formes invalidantes et graves concernent
25% à 30 % des patients.
Il s’agit là aussi d’une maladie douloureuse, qui peut occasionner un handicap certain et des conséquences sur la vie familiale, sociale et professionnelle.
Pour en savoir plus, téléchargez le fichier :
Visitez le site de l'Association Française des Spondylarthritiques (AFS) :
Lupus
Fréquence :
Le Lupus touche environ
80 à 100 000 personnes en France. Il est
10 fois plus fréquent chez les
femmes et se manifeste généralement dans cette population
entre 15 et 45 ans.
Origine :
L’origine de la maladie est
mal connue. Il existe certainement une prédisposition génétique à laquelle s’ajoute des facteurs déclenchants parmi lesquels on peut citer, sans en être certain, le soleil, le stress ou certains médicaments.
Définition :
Le terme de lupus désigne en fait un
groupe de maladies.
Le
Lupus Erythémateux Systémique, ou LES, est également une
maladie auto-immune et représente la forme la plus répandue et la plus grave de lupus.
Elle peut atteindre
plusieurs systèmes d’organes (peau, muscles, articulations, coeur, poumons) qui sont alors touchés par des poussées inflammatoires. Il est cependant rare qu’une personne présente toutes ces manifestations de la maladie ; cette dernière se manifeste le plus souvent par des signes cutanés et articulaires.
Le
Lupus Erythémateux Chronique est une forme bénigne de la maladie qui ne se transforme habituellement pas en Lupus Systémique. Elle se caractérise par des manifestations cutanées uniquement, c’est-à-dire des
éruptions rouges et squameuses, sur les zones exposées au soleil.
Evolution :
Le Lupus évolue par
poussées entrecoupées de périodes de rémissions au cours desquelles les symptômes sont de faible intensité ou disparaissent.
La gravité de la maladie va dépendre des tissus touchés. Les formes ne touchant que la peau et les articulations sont généralement moins sévères que celles touchant des tissus plus vitaux comme le cœur ou les reins. Toutes les formes de la maladie sont cependant susceptibles de s’aggraver brutalement.
Pour en savoir plus visitez les sites :
Lupus France
L'Association Française du Lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+)
Syndrome de Gougerot Sjögren
Fréquence :
Le syndrome de Gougerot Sjögren ou
syndrome sec toucherait
1% à 2 % de la population. Atteint plus fréquemment les
femmes âgées de 45 à 50 ans (90 % des personnes touchées)
Origine :
Elle est
inconnue, mais dans ce cas encore on constate une
composante auto-immune.
Définition :
Le syndrome de Gougerot Sjögren affecte les
glandes produisant les fluides de lubrification. Les glandes salivaires de la bouches et les glandes lacrymales des yeux sont les plus communément touchées. Ces glandes cessent alors de fonctionner, entraînant une
sécheresse anormale et inconfortable des yeux et de la bouche.
La maladie peut être
secondaire à un autre RIC comme la Polyarthrite Rhumatoïde ou le Lupus, ou bien primaire, c’est-à-dire associée à aucune autre atteinte rhumatismale.
Evolution :
Le syndrome de Gougerot Sjögren évolue lentement, par
poussées successives.
Les principales complications sont dues à la sécheresse oculaire (kératites) ou buccales (aphtes, problèmes parodontaux,…) et beaucoup plus rarement, peuvent atteindre d’autres organes comme les poumons, les reins ou le coeur.
Pour en savoir plus, téléchargez le fichier :
Visitez le site de l'Association Française du Gougerot- Sjögren et des Syndromes secs (AFGS)
Le Rhumatisme psoriasique
Rhumatisme
associé à un psoriasis cutané (maladie se caractérisant par des plaques rouges masquées par une épaisse couche de squame).
Les atteintes articulaires peuvent toucher le
rachis (comme dans la spondylarthrite) ou les
articulations des membres (comme dans la polyarthrite rhumatoïde) et elles sont similaires à celles de ces deux maladies.
Le rhumatisme psoriasique touche aussi bien les hommes que les femmes, le plus souvent
entre 40 et 50 ans.
Pour en savoir plus téléchargez le fichier :
L’arthrite juvénile idiopathique
Ensemble de 6 maladies très différentes dans leurs symptômes, leur évolution ou leur pronostic.
Touche les
enfants de moins de 16 ans.
Certaines de ces arthrites sont des formes juvénile de la polyarthrite rhumatoïde ou de spondylarthropathies.
Pour plus d'information visitez le site de l'Association Kourir :
Les
traitements de fond agissent sur l’évolution générale,
au long cours, des rhumatismes inflammatoires chroniques ; ils s’opposent aux
traitements symptomatiques qui eux, agissent
au jour le jour.
Leur action n’est pas immédiate et, sauf exception, ces traitements sont destinés à être pris sur de
longues périodes (plusieurs mois ou années).
On ne connaît pas de façon précise les mécanismes d’action de tous ces traitements de fond ; beaucoup ont été trouvés par hasard.
Les traitements de fond classiques ou ARAL (Anti-rhumatismaux à action lente)
Le Méthotrexate
Le Méthotrexate est le médicament le plus souvent prescrit dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.
Il permet également de traiter le rhumatisme psoriasique et le lupus mais n’a pas prouvé son efficacité dans le traitement de la spondylarthrite.
Le Méthotrexate
empêche la synthèse de l’acide folique et permet ainsi d’
inhiber la croissance et la prolifération cellulaire. De ce fait, il est utilisé en cancérologie mais à plus faible dose, il est efficace dans le traitement de certains RIC.
Il peut être
associé à d’autres traitements de fond classiques (sulfasalazine ou hydroxychloroquine) pour une meilleure efficacité et l’est généralement avec les biothérapies.
Le Léflunomide
Est un
immunomodulateur qui agirait sur la prolifération des lymphocytes, inhibant de ce fait la réaction auto-immune exagérée qui caractérise les RIC.
Il est prescrit dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du rhumatisme psoriasique.
La sulfasalazine
Est un
anti-inflammatoire digestif qui possède également une
action immunosuppressive.
Il est prescrit pour traiter la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite mais son efficacité reste modeste, si bien qu’il est de moins en moins utilisé.
L’hydroxychloroquine
Est un
antirhumatismal et également un
antipaludéen.
Il est utilisé pour traiter la polyarthrite rhumatoïde mais surtout le Lupus érythémateux systémique.
Le cyclophosphamide et l’azathiopirine
Sont des
immunosuppresseurs utilisés pour traiter les formes viscérales du Lupus érythémateux systémique. Ils atténuent les réactions auto-immunes en jeu dans cette maladie.
Les nouveaux traitements de fond : les biothérapies
On appelle ces traitements « biothérapies » car ils sont issus d’
organismes vivants (généralement des bactéries), contrairement aux médicaments classiques issus de la chimie.
Ces organismes vivants sont capables de
produire des protéines naturellement fabriquées par l’organisme humain (on ne sait pour l’instant pas les fabriquer autrement); l’action de ces protéines est renforcée ou modifiée afin d’obtenir un effet thérapeutique.
Dans le cadre du traitement des rhumatismes inflammatoires chroniques, les biothérapies ont pour fonction de
bloquer l’activité de certaines cellules ou substances impliquées dans les réactions inflammatoires.
Ces traitements sont relativement récents donc encore prescrits avec prudence. Ils ne s’adressent pas à tous les patients mais généralement à ceux chez qui les traitements de fond classiques n’ont pas été jugés assez efficaces ou bien dans le cas d’une maladie débutante très agressive.
Les « cibles » de ces traitements sont des messagers chimiques ayant un rôle dans les phénomènes inflammatoires ou d’érosion.
On appelle ces messagers des
cytokines ; il peut s’agir du
TNF alpha (d’où le nom d’anti-TNF donné au médicament) ou bien d’
Interleukines.
La « cible » peut également être une cellule comme le
lymphocyte B ou le
lymphocyte T qui semblent avoir un rôle crucial dans les mécanismes de l’inflammation et de la polyarthrite ; en inactivant une certaine classe de lymphocytes B, on peut ralentir fortement l’évolution de la maladie.
Pour en savoir plus, téléchargez le fichier :
Les différents traitements par biothérapie
Les différentes biothérapies sont classées par ordre alphabétique.
Enbrel® (Etanercept)
- Action :
Récepteur soluble qui se lie au TNF alpha.
- Indication :
Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique, psoriasis, arthrite chronique juvénile.
Humira® (Adalimumab)
- Action :
Anticorps monoclonal qui se lie au TNF alpha.
- Indication :
Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique.
Kineret® (Anakinra)
- Action :
Protéine qui se fixe sur le récepteur de l’Interleukine 1 à la place de celui-ci.
- Indication :
Polyarthrite rhumatoïde.
Mabthera® (Rituximab)
- Action :
Anticorps qui se fixe sur les lymphocytes B et provoque leur destruction.
- Indication :
Polyarthrite rhumatoïde, lymphome non hodgkinien.
Orencia® (Abatacept)
- Action :
Anticorps qui bloque un signal de stimulation des lymphocytes T.
- Indication :
Polyarthrite rhumatoïde.
Remicade® (Infliximab)
- Action :
Anticorps monoclonal qui se lie au TNF alpha.
- Indication :
Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique, Psoriasis Rectocolite hémorragique, maladie de Crohn.
Et l’avenir ?
Les biothérapies montrent depuis quelques années des résultats spectaculaires et très prometteurs.
Dans l’avenir, les mécanismes de la maladie et de ces traitements seront de mieux en mieux compris et les posologies adaptées pour une meilleure efficacité et une meilleure prise en charge des patients.
D’autre part, les médecins et les malades auront à leur disposition de
plus en plus de biothérapies pour atteindre l’objectif ambitieux qu’il n’y ait
plus aucune érosion osseuse. Cet objectif n’est plus de la science-fiction, même s’il reste encore des étapes à franchir et que ce n’est pas encore vrai pour tout le monde.
Restez à l’écoute, de nouvelles biothérapies arrivent !
Les traitements symptomatiques
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens
Tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ou AINS) ont des
propriétés antalgiques (contre la douleur),
antipyrétiques (contre la fièvre) et
anti-inflammatoires.
Ils sont prescrits très fréquemment dans le traitement des rhumatismes inflammatoires chroniques.
Leur efficacité est variable en fonction de la pathologie. Ils sont par exemple
très efficaces dans le traitement de la spondylarthrite dont ils constituent le traitement de référence ou bien dans certaines formes de lupus.
Dans tous les cas, il ne s’agit que de traitements symptomatiques car ils n’ont
aucun effet sur le cours évolutif de la maladie. Ils restent cependant très utiles pour soulager si besoin les douleurs liées à l’inflammation.
Les anti-inflammatoires stéroïdiens ou « cortisone »
Cette classe de médicaments regroupe la
cortisone et tous ses dérivés. Elles sont
proches des hormones naturelles et leur action anti-inflammatoire est
rapide et puissante.
Ces anti-inflammatoires sont utilisés pour traiter toutes les formes de rhumatismes inflammatoires chroniques. On essaie aujourd’hui de limiter leur utilisation dans le temps afin de ne pas risquer d’effets secondaires.
Ces
effets secondaires sont fonction de la
dose administrée et de la durée du traitement. Ainsi de petites doses (inférieures à 7,5 mg par jour) permettent généralement de les éviter.
Les antalgiques
Les antalgiques font partie intégrante de l’arsenal thérapeutique destiné à soigner les Rhumatismes Inflammatoires Chroniques.
De nombreux progrès ont été fait ces dernières années pour mettre à disposition des patients des antalgiques efficaces ayant le moins d’effets secondaires possibles.
Pour en savoir plus :
Télécharger le fichier :
Visitez le site de l'Institut UPSA de la douleur :